« J’ai mal au bras »

« J’ai mal au bras »

On ne peut passer toute une vie sans avoir mal quelque part. Il y en a même, hélas, qui ne passe pas une journée sans une douleur ici ou là. Tant mieux pour ceux qui n’ont pas souvent mal. Il m’est arrivé d’avoir tout l’avant bras pris par une espèce d’eczéma. Brûlures, démangeaisons, douleurs intérieures. Jour et nuit, aucun moment de répit.

Mon bras est malade, le reste de mon corps n’est pas malade. Et pourtant, je suis mal. Je vis mal cette souffrance. Cela me rend angoissé et parfois de mauvaise humeur. C’est comme si tout mon être était malade. Je pense que c’est ainsi pour chacun de nous. Un membre souffre et tout le reste du corps a mal.

Alors ce bras ? Et bien, je l’ai soigné, je l’ai dorloté. J’ai cherché ce qui lui rendrait la santé. J’ai consulté. Je l’ai baigné de toutes sortes de teinture mère de plantes, de crème de ceci, de baume de cela. Petit à petit, il a repris ses couleurs normales. Et il a guéri. Je n’avais plus mal au bras et, c’est remarquable, tout mon corps était bien. Ma mauvaise humeur avait disparu. Mon bras allait bien et tout entier j’allais bien.

A cette occasion, j’ai réfléchi. Je me suis rappelé St Paul, qui, dans une de ses lettres, dit : « Lorsque un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre. » St Paul ne parle pas de lui, de son corps, il parle du corps de l’Eglise. L’Eglise forme un seul corps. Nous en sommes les membres.

Or, les personnes malades et les personnes handicapées sont les membres souffrants du corps de l’Eglise. Donc, c’est toute l’Eglise qui doit ressentir cette souffrance. Elle doit au moins la voir et chercher à la comprendre. Dans la foi et l’amour, les personnes malades ou handicapées font partie de moi, de nous. C’est mon corps, notre corps.

Que faire ? Que dire ? « Mon Dieu, faites qu’ils guérissent, Amen » ? On a le droit de prier, mais ma prière n’a de valeur que si je fais ce que je peux faire.

Pour mon bras malade, j’ai été bon, attentif, attentionné, patient. Je l’ai soigné jusqu’à guérison. Envers les membres souffrants de l’Eglise, je n’obtiendrai sans doute pas la guérison. Mais si je connais quelqu’un qui souffre, je souffrirai avec lui, je le visiterai, je lui parlerai ou je me tairai. Je lui prendrai la main. Je lui passerai un peu d’eau sur les lèvres ou le front, je lui sourirai, je lui parlerai de ce qu’il aime. Peut-être, je prierai avec lui. Je m’inquiéterai, je lui dirai qu’il n’est pas la maladie ou le handicap. Je lui porterai des fleurs etc.

Si toutes les chrétiennes, tous les chrétiens faisaient cela, c’est toute l’Eglise qui serait en bonne santé. Nous formerions un vrai et même corps. Les personnes malades ou handicapées, ne sont pas des objets que l’ont sort comme des bannières dans une procession, un pardon.

Ce sont des hommes et des femmes comme moi, qui ont un cœur habité par Dieu.

Je n’ai plus mal au bras, je vais bien… Louis LUCAS Accompagnateur spirituel provincial

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