Le mot du doyen

Le billet de rentrée

Les Français : champions olympiques du pleurnichage

Le Wall Street Journal publie un sondage, réalisé aux USA en cette fin du mois d’août 2016, qui donne aux français le titre de champions olympiques du pleurnichage. Nous obtiendrions ainsi la médaille d’or des « chouineurs ». En clair, nous serions des râleurs.

La critique est acerbe. Le journal va même jusqu’à prédire qu’avec la candidature de Paris aux JO de 2024 nous arriverions bien, en râlant bien sûr, à imposer notre sport national.

Cette perception est-elle fondée ? Toute remarque ne comporte-t-elle une part de vérité ?

Quoi qu’il en soit, je souhaite à chacun d’entrer avec détermination, et avec joie, dans ce temps de rentrée. Les récents attentats nous invitent à prendre soin de ce qui nous unit, à chérir notre unité nationale. La perspective des élections présidentielles ne manquera-t-elle pas de nous opposer sur les décisions à prendre, sur ce qui a été fait ou pas fait ?

Que cette rentrée permette donc à chacun de prendre ses responsabilités afin de construire ensemble notre avenir dans un monde troublé et dangereux. En effet, les convulsions de l’Islam à travers le monde, l’avenir écologique de la planète, l’augmentation des migrations, le chômage, l’avenir de notre démocratie sont des défis trop importants pour ne pas nous inviter à mesurer nos critiques. Notre pays est beau, il dispose d’atouts : le taux de natalité, l’espérance de vie parmi les plus élevées du monde, un système de soins et de répartition que beaucoup de pays nous envient, nos forces armées au Mali et ailleurs servent la paix et combattent l’expansion du terrorisme… alors pourquoi renvoyons-nous cette image de « chouineurs » ?

Si nous devions recevoir une médaille d’or qu’elle soit la médaille de la gratitude envers les générations précédentes qui ont fait notre pays. La France est l’héritière des cultures grecque, latine, de l’esprit des Lumières sans oublier tout l’apport du christianisme. Comment passer sous silence l’existence de ce grand manteau d’églises, de cathédrales qui recouvre notre territoire, de l’apport des ordres religieux au travers des écoles, des hôpitaux, des œuvres d’art ?…. la Francophonie existe à travers le monde.

Notre société est aujourd’hui métissée et multiculturelle. Cela constitue une autre étape de notre histoire.

Alors acceptons la critique si elle nous aide à avancer et à vivre cette rentrée dans un élan renouvelé.

Jean Marie GAUTREAU, curé doyen du Choletais