Méditation du Notre Père

Rembrandt
Rembrandt
Le retour du fils prodigue

NOTRE PERE,

Non content d’être le Père de Jésus-Christ en qui vous avez mis tout votre amour parce qu’Il ne vous donne que des joies ; à qui vous avez pu faire une confiance totale parce qu’Il ne vous a jamais trahi ; qui est un homme, mais qui est en même temps pleinement Dieu avec vous, Vous avez accepté d’être également notre Père du ciel, notre créateur, celui à qui nous devons la vie, l’être, l’amour. Vous êtes notre Père, le Père de notre corps et de notre âme, comme vous êtes le Père de Jésus-Christ et nous pouvons, dans un même élan, vous appeler comme lui Père.

QUI ETES AUX CIEUX,

Là où nous vous cherchons bien trop souvent, c’est-à-dire hors du temps, de la réalité concrète, du sol que nos pieds foulent, alors que vous êtes au contraire si proche ; au fond de notre cœur ; au milieu de nos réunions ; dans nos dossiers ; dans le regard de ceux que nous rencontrons ; au bord de notre route et au creux de nos vies ; tellement vivant, tellement aimant, tellement présent.

QUE VOTRE NOM SOIT SANCTIFIE,

Oui, que tout homme vous sanctifie, en prenant le temps de vous adorer ; en vous offrant sa vie ; en vénérant la Croix ; en faisant monter vers Vous des prières de louange ; en méditant la Bible ; en proclamant que votre nom est au-dessus de tout nom ; et que tout genou fléchisse devant Vous.

QUE VOTRE REGNE ARRIVE,

Ce règne qui est déjà commencé puisqu’il advient avec un simple geste de paix ou un signe d’amour, mais qui avance si lentement quand nous le retardons ; quand nous ne laissons pas l’amour envahir nos cœurs ; quand nous refusons de nous mettre en route pour la prière ou le service des autres ; quand nous ne voyons pas ceux qui ont besoin de nous ; quand, volontairement ou non, nous sommes la brebis égarée qui Vous oblige à arrêter le troupeau pour aller sans cesse la rechercher afin que pas un de ces petits ne se perde.

QUE VOTRE VOLONTE SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL,

Cette volonté qui nous semble parfois si dure, si injuste, si contraire à la nôtre qu’elle nous provoque à l’abandon entre vos bras pour ne pas désespérer ; cette volonté qui semble à cent lieues de ce que nous aurions voulu vivre ; volonté à la fois fascinante, obscure, inattendue, incompréhensible et déroutante, déracinante et parfois même crucifiante ; mais volonté suprême qui doit surpasser toutes nos petites volontés, celles qui prennent leur source dans l’orgueil, l’égoïsme, la soif du pouvoir ou de la richesse, la sécurité d’une vie confortable. Ma nourriture, c’est de faire la volonté de mon Père, dit Jésus.

DONNEZ NOUS AUJOURDHUI,

Aujourd’hui et chaque jour tout est à recommencer ; il faut redemander la foi chaque jour, pour pouvoir vivre pleinement le moment présent. La foi n’est pas le fruit d’un seul don, c’est une provocation à renouveler sans cesse nos demandes confiantes, en sachant que les grâces qui nous sont données doivent être répercutées sur les autres et que nous n’en sommes que les dépositaires. Qu’est ce que l’aujourd’hui de nos vies face à l’éternité ? Un grain de sable sans importance, un grain de poussière que l’on balaie ? Pour Dieu, c’est beaucoup plus : tu as du prix à mes yeux et moi je t’aime.

NOTRE PAIN DE CHAQUE JOUR,

Ce pain qui nous permettra de tenir sur la route ; cette nourriture qui renouvellera nos forces pour vous suivre encore ; quand le jour devient noir ; quand le soleil ne brille plus ; quand la lâcheté risque de l’emporter sur la volonté ; quand le tonus retombe et que l’amour s’émousse. Ce pain auquel nous nous habituons bien trop facilement, que nous trouvons presque banal lorsque nous oublions ce qu’il a couté de souffrances, d’humiliations et de sacrifices à Jésus-Christ ; ce pain de vie, nourriture surnaturelle qui nous sauvera de la mort ; ce pain que nous voudrions recevoir avec tant d’amour ; ce pain d’amour qui devrait nous faire fondre de compassion et de reconnaissance alors que nous ne laissons pas lever la pâte dans nos cœurs ; ce pain que nous devons donner aux autres si nous laissons le Christ agir en nous.

PARDONNEZ-NOUS NOS OFFENSES,

Demande de pardon tant de fois réitérée, pour les mêmes erreurs que nous avions pourtant promis cent fois de ne plus commettre ; demande de pardon pour des fautes connues, avouées et regrettées, mais aussi pour tant de manquements ignorés ; pour tant de blessures que nous avons pu provoquer et qui ont fait souffrir sans que nous nous en rendions compte ; demande de pardon pour des péchés que nous n’avons pas eu le courage d’éviter ; demande de pardon discrète, dans un cœur à cœur amoureux, ou dans le sacrement qui marque le signe de notre réconciliation avec Dieu.

COMME NOUS PARDONNONS A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES,

Ce pardon qui est vital pour nous, sommes-nous prêts à le donner d’abord aux autres, au lieu de les accuser et de garder nos désirs de vengeance, nos rancœurs, nos amertumes ? Ce pardon que nous ne devrons pas donner une fois, mais soixante dix fois sept fois ! ce pardon, qui nous demande parfois tellement d’efforts, mais qui doit être la seule arme des artisans de paix. Marie, qui a tant souffert à cause de nous, nous a donné son pardon en acceptant que s’accomplissent les Ecritures, en gardant toutes ces choses dans son cœur.

ET NE NOUS LAISSEZ PAS SUCCOMBER A LA TENTATION,

Soyez notre force, notre refuge, notre rocher, notre lumière ; quand la tentation se fait si vive qu’elle nous entraine malgré nous et envoyez votre Esprit Saint pour qu’Il nous conduise sur le chemin étroit, sur le chemin qui attire et qui fait peur, le chemin difficile mais combien prometteur que nous choisissons chaque fois que nous renouvelons les promesses de notre baptême et auquel nous avons envie de renoncer à la moindre difficulté.

MAIS DELIVREZ NOUS DU MAL,

Pour qu’enfin le ciel s’ouvre pour nous ; que nous puissions vous contempler dans le face à face éternel et admirer votre beauté dans la douceur de l’Amour inconditionnel.

AMEN.

Auteur inconnu. (envoyé par Armand Boix ancien webmaster du site NDLR)