Reculer la vieillesse, jusqu’où ?

Ethique foi et santé à l’école de Saint François
Année 2014-2015 « L’esprit de performance est-il une réponse aux souffrances humaines ? »

Soirée 14 janvier 2015 :
Reculer la vieillesse, jusqu’où ?

Sylvie Olivier, Gériatre et chrétienne [1]


Vieillesse/Vieillissement

On ne peut pas parler de vieillesse en gériatrie, car il n’en existe pas de définition précise. On parle de vieillissement, qui est un processus que l’on peut observer. Le vieillissement n’est pas une maladie, c’est la diminution progressive, à partir de l’âge mûr, des capacités des différents organes. Le vieillissement n’entraine pas à lui seul de situation de handicap mais il diminue les réserves fonctionnelles. Un modèle, le modèle de Bouchon, permet de comprendre que l’état de santé à un certain âge est la conséquence du vieillissement physiologique mais aussi des pathologies chroniques et aigues. Suivant les maladies dont on souffre, on sera plus ou moins fragile devant un évènement de santé.

Cerveau et Vieillissement

Comme tout organe, le cerveau vieillit, et il vieillit plutôt bien. Avec l’âge, il est plus difficile de mener plusieurs tâches en même temps mais ces tâches sont tout à fait correctes. De même si la mémorisation demande plus de temps, ce qui est mémorisé l’est correctement. Les troubles importants de la mémoire viennent de maladies favorisées par le vieillissement mais ne sont pas dus au vieillissement.

Réparer la vieillesse

Actuellement, on peut réparer certains organes déficients et limiter l’impact des maladies dans la vie quotidienne. Bon nombre d’octogénaires ont ainsi des aides auditives, des implants cristallins, une prothèse de hanche : on ne parle pas de transhumanisme mais bien d’amélioration d’une déficience qui permet de ne pas être en situation de handicap… Dans l’avenir, certaines propositions thérapeutiques pourront être faites que nous n’envisageons pas.

Préparer la vieillesse

Quelques pistes pour limiter l’évolution des pathologies chroniques qui aggravent l’état de santé

Quand bien même nous aurons une hygiène de vie parfaite, avec des prothèses qui pallieraient nos déficiences, deux réflexions :

  • Le bien vieillir, s’il peut se comprendre et s’accompagner, ne doit pas devenir un nouveau dictat.
  • Chacun devra, à un moment de sa vie, accepter le vieillissement, accepter de se voir vieillir, de se voir « vieux »

Refuser la vieillesse : jusqu’où ?

Essayons de voir ensemble cette peur de vieillir et les pistes de réflexion individuelles et collectives. Je ne peux travailler que sur mes propres peurs et sur mon attitude par rapport à l’autre vieillissant.

C’est par notre regard, notre écoute, notre attitude que nous pouvons rendre féconde la vieillesse de l’autre (il ne peut y avoir de fécondité que dans une relation)

La vieillesse : un temps à vivre

[1Je travaille dans un EHPAD en tant que médecin coordonnateur et dans un centre de santé.