Des nouvelles d’une paroissienne de sainte marie des sources de l’èvre !

Volontariat des Missions Etrangères de Paris
volontariat.mepasie.org
Missions Étrangères de Paris
Service Volontariat - 128, Rue du Bac - 75341 Paris Cedex 07
01 44 39 10 40 - volontariat chez mepasie.org
Télécharger ce document en pdf

Chère famille, chers amis,


ជំរាបសួរ ! (Salut traditionnel khmer, prononcez tchoum riep sour)
Après huit mois passés à Kompong Cham (Cambodge) en tant que volontaire MEP, je suis heureuse de vous retrouver en ce milieu de mission pour vous donner quelques petites nouvelles.
Comme vous l’aurez sûrement déjà constaté, le temps a souvent la faculté de nous jouer des tours, en s’enfuyant quand nous voudrions qu’il dure. C’est exactement ce que je vis ici, où ces huit mois sont passés comme huit semaines, sinon huit jours, et les quatre prochains mois passeront eux aussi bien vite ! Qu’à cela ne tienne, à chaque jour suffit sa peine !
J’ai maintenant bien pris mes marques dans ma mission, qui consiste essentiellement à rédiger des rapports financiers et d’activité à l’intention des donateurs qui financent une partie des projets scolaires et éducatifs au Cambodge. Je suis également chargée de trouver de nouveaux donateurs pour soutenir ces projets et en développer de nouveaux ! J’ai ainsi découvert les joies de la comptabilité, domaine auquel je n’entendais rien il y a quelques mois. Mais c’est en faisant que l’on apprend, et après quelques maladresses je comprends désormais comment fonctionne le système. Il faut bien admettre que la rigueur au Cambodge est un concept plutôt vague, cependant largement compensé par la gentillesse et la bonne volonté de chacun.
Il est amusant de constater comme les nouvelles vont vite (comme partout à vrai dire). A peine trois mois après mon arrivée, des étudiantes sont venues me trouver pour me demander de leur donner des cours d’anglais, ayant eu vent de mon arrivée, et sachant que les volontaires français donnent généralement des cours. Et puis, comment résister à leurs sourires, car si le Cambodge est appelé le pays du sourire, c’est bien qu’il a une raison ! Tout est matière à rire et s’inviter les uns les
autres, que vous connaissiez déjà la personne ou non… ce qui rend tout le monde terriblement attachant, et j’appréhende déjà le moment du retour… !
J’habite avec une vingtaine de jeunes filles de 11 et 15 ans, qui sont tout simplement adorables. Bien que ma maîtrise du khmer soit assez approximative, nous arrivons tout de même à partager de bons fous rires et de beaux moments de complicité. Je suis impressionné par leur foi et leur autonomie, car mêmes les plus jeunes d’entre elles prennent en main le ménage et l’organisation du foyer, toujours avec bonne humeur. Cours d’anglais à part, c’est surtout le week-end que j’ai l’occasion de passer du temps avec elles, car nous avons toutes des semaines bien chargées. Au programme, danse, chant (le Cambodge est probablement le pays qui compte le plus de fans de Céline Dion, après le Québec peut-être, la traduction de My heart will go on en khmer vaut d’ailleurs le détour), sieste et lecture (elles m’aident beaucoup à progresser, et restent très patientes malgré mon niveau qui doit être celui d’un enfant de 4 ans) !
J’ai aussi eu l’occasion de visiter le pays avec d’autres volontaires, notamment la région de Kompong Saom au bord de la mer, ainsi que les temples à Kompong Thom, et les montagnes du Mondolkiri, près de la frontière vietnamienne et celles du Ratanakiri, aux frontières laotienne et thaïlandaise. La campagne cambodgienne est vraiment splendide, avec ses plantations de bananiers, ses rizières, ses palmiers et ses troupeaux de buffles. Phnom Penh se distingue dans un style un peu différent, car les troupeaux y sont composés de motos et de touk-touks.
J’ai profité de mon court passage à Phnom Penh pour visiter le palais royal, et me suis également rendue à la prison de Tuol Sleng, ancien lycée transformé en centre de torture sous le régime Khmer Rouge. Pour ceux d’entre vous qui auraient déjà visité un camp de concentration, l’effet est le même. On a beau savoir ce qui s’est passé, il est impossible de s’en rendre véritablement compte, seule une sensation de malaise persiste. Toujours est-il que l’on ressent encore aujourd’hui dans le pays les effets de cette funeste époque, et bien que le Cambodge se soit relativement rapidement relevé, la blessure reste douloureuse. En effet, deux générations ont été sacrifiées, celle des adultes dans les années 1975-1979, et celle de leurs enfants, privés d’éducation et traumatisés par le conflit. Aujourd’hui ces enfants ont eux-mêmes des enfants, mais beaucoup ont du mal à assumer leurs responsabilités, et l’alcoolisme est malheureusement un problème récurrent. L’Eglise intervient
beaucoup auprès de ces personnes et de leurs enfants, pour que la nouvelle génération soit parée pour l’avenir, par le biais de l’éducation, principalement. C’est pourquoi de nombreux foyers de jeunes, tel que celui où je vis, ont vu le jour, pour offrir à ces jeunes défavorisés une aide financière et un environnement propice aux études.
Bien que je mène une petite vie tranquille (levée à 5h30, au bureau de 8h à 16h, cours d’anglais de 16h à 17h, puis de 20h à 21h avec les filles du foyer), mon quotidien est souvent parsemé de drôles d’anecdotes, telles des chasses aux souris dans les bureaux, des vaches qui débarquent au milieu de l’évêché, des mille-pattes énormes au milieu de la vaisselle ou encore un trajet en pick-up assise sur le toit, car à vingt-cinq en voiture il faut bien trouver de la place ! Sans parler des situations cocasses ou j’essaie désespérément de me faire comprendre sans grand succès, et inversement, ce qui généralement fait beaucoup rire tout le monde.
Vous l’aurez compris, je me plais beaucoup ici. Ma mission est une véritable école de patience et de service, toujours dans la joie et la bonne humeur, et je suis ravie de pouvoir vous en partager les grandes lignes !
Et parce que je serai incapable de réaliser cette mission sans une aide spirituelle, je me recommande à vos prières pendant tout ce temps de volontariat, pour qu’elles m’aident là-bas à être missionnaire et à témoigner humblement de ma foi.
N’hésitez pas à me contacter (gdeterves chez gmail.com) pour en savoir plus et à partager autour de vous !
Je vous remercie du fond du coeur !
Fraternellement,
Il est 7h, les enfants de l’école maternelle de Kdol Leu sont déjà prêts pour commencer leur journée !
ហ្គាអេល (Gaëlle)
Les berges du Mékong
Le foyer au grand complet, avec d’anciens volontaires
Dans le village de Kdol Leu à 6h du matin, à gauche les rizières asséchées, à droite les champs de lotus.