Présences dossier pages 2-3

Légende photo : Le Père Jean Pelletier, vicaire épiscopal, explique les raisons d’une nouvelle organisation des paroisses.

Père Jean Pelletier

Nouvelle organisation des paroisses :

lLes explications du Père Jean Pelletier, vicaire épiscopal

Le 8 juin dernier, notre évêque, Mgr Emmanuel Delmas, a officialisé la nouvelle organisation de plusieurs paroisses du doyenné de Cholet. Quel est le sens et l’objectif de cette réorganisation ? Le Père Jean Pelletier, vicaire épiscopal, répond aux questions de Présences.

Une nouvelle organisation se met en place. Elle concerne plus particulièrement les deux paroisses du centre ville de Cholet (saint Pierre/Notre-Dame et Sacré-cœur) qui ont désormais le même curé. Quel est le sens de cette décision ?
« Il n’y a pas de réorganisation des paroisses. C’est simplement un changement de personnes en responsabilité de ces paroisses. Saint Pierre/Notre-Dame et le Sacré-cœur partagent désormais le même curé. D’autres paroisses du diocèse connaissent déjà cette situation. A Doué-la-Fontaine, par exemple, le Père Julien Elie est curé de trois paroisses. Même chose à Brissac ».

S’agit-il d’une « fusion » de paroisses ?
« Non. Les deux entités paroissiales restent en place. Il y aura toujours deux EAP (Équipe d’Animation Paroissiale) et deux conseils économiques. Des mutualisations existent comme la préparation au baptême par exemple mais les deux paroisses demeurent tout en partageant le même responsable ».

Dans le cas de Cholet, le curé de saint Pierre/Notre-Dame, le Père Matthieu Lefrançois, est nommé « administrateur » du Sacré-cœur. Quelle différence avec le titre de « curé » ?
« Quand on est nommé curé c’est en général pour six ans. Quand on est administrateur cela veut dire que l’on a toute la charge de curé mais pour un temps plus court. C’est seulement la durée du mandat qui change. Cela laisse la possibilité éventuelle de remettre un curé au Sacré-cœur dans deux ou trois ans. Mais notre évêque se trouve face à un problème. A l’inverse du jeu des chaises musicales, il possède plus de chaises que de personnes à tourner autour ! ».
En nombre de prêtres la nouvelle organisation ne change rien...
« Il y aura toujours deux prêtres pour deux paroisses comme c’était déjà le cas avant. Le Père Matthieu Lefrançois est curé de saint-Pierre/Notre-Dame. Il sera assisté d’un vicaire, le Père Antoine Meunier, ordonné fin juin. Ce dernier est nommé sur les deux paroisses mais sur le plan liturgique il sera plus souvent au Sacré-cœur qu’à saint Pierre/Notre Dame. C’est une demande de l’évêque ».

Pourquoi ne pas l’avoir nommé curé du Sacré-cœur ?
« Il n’est pas judicieux de nommé curé un tout jeune prêtre. Il faut mieux attendre quelques années ».

Les Choletais n’ont donc pas à se plaindre. Ils conservent le même nombre de prêtres mais ils sont plus jeunes ! N’est-ce pas un « cadeau » du diocèse comme l’a exprimé le Père Jean-Marie Gautreau, notre précédent curé ?
« Il a raison. C’est effectivement un rajeunissement ! ».

En dehors de cette nouvelle logique des nominations quel est l’objectif visé ?
« La question de fond qui se pose est de savoir comment être missionnaire dans les circonstances actuelles. Les choses bougent vite aussi bien dans la société que dans l’Eglise. Dans le doyenné de Cholet l’évêque avait posé une question il y a quelques années : est-ce que l’organisation des paroisses est pertinente ? Des débats avaient eu lieu et cela avait conduit à la fusion des deux paroisses sainte Bernadette et saint Louis. Dans l’avenir il est possible que d’autres évolutions aient lieu sur la géographie des paroisses.

Le Sacré-cœur connait actuellement des travaux importants. Est-ce un lieu qui a une vocation particulière ?
« En raison de son histoire et de son architecture cette paroisse peut devenir un pôle missionnaire. Le Sacré-cœur est un lieu étonnant, moins traditionnel que la plupart des églises alentours et qui ne laisse pas indifférent y compris des personnes qui sont éloignées de l’Eglise. Comment ce lieu peut aujourd’hui servir à l’annonce de l’évangile. C’est un défi qui est lancé ! Cela correspond aux nouvelles orientations du diocèse qui souhaite se servir du patrimoine pas seulement comme vestige du passé mais annonce de la Bonne Nouvelle. Et quand on regarde la richesse symbolique de la décoration intérieure du Sacré-cœur avec des représentations des Béatitudes, de la Trinité, du Baptême - avec un baptistère très particulier - on est en face d’un édifice singulier qui proclame l’Evangile d’une façon originale.

Une autre innovation pastorale entre en vigueur. Elle concerne la paroisse de saint Romain-les-trois-provinces (Le Longeron) où vous êtes nommé « modérateur ». Que signifie ce titre ?
« Le droit canon donne la possibilité de nommer un « modérateur » lorsqu’on ne peut pas trouver un curé en charge complète. Dans le cas de saint Romain le curé actuel, le Père Louis Fouchard, est âgé de 75 ans. Il a accepté de continuer à assurer la liturgie dans la paroisse (célébrations dominicales, baptêmes, mariages, sépultures...) mais sans avoir la charge pastorale. L’exercice de cette charge est confié à l’EAP. En tant que modérateur je suis celui qui veille à répondre aux situations particulières qui demandent un peu plus de discernement et qui rend compte à l’évêque de ce qui se passe dans la paroisse. Je serai présent aux EAP et aux réunions du conseil économique et j’essaierai de célébrer une fois par trimestre pour que les paroissiens puissent me connaître ».

Est-ce une première dans le diocèse ?
« A ma connaissance, c’est la première fois que le droit canon est appliqué de cette manière là. Il y a déjà eu des modérateurs dans le diocèse, notamment à Cholet, lorsque des prêtres étaient nommés « in solidum » c’est-dire nommés solidairement curés de plusieurs paroisses. L’un d’eux était alors désigné modérateur de l’équipe ».

La pénurie de prêtres dans le diocèse est-elle toujours problématique ?
« Le diocèse a deux atouts. Le premier est d’avoir eu des générations de prêtres très nombreuses. Même s’ils sont arrivés à la retraite, ces prêtres ont été généreux et ont continué à assurer des services. Ces prêtres de 75 ans et plus n’ont pas la force de poursuivre ou décèdent. Nous en sommes là aujourd’hui. Le deuxième atout du diocèse, grâce à la faculté catholique, est de recevoir en études des prêtres venus de l’étranger. Ces pasteurs viennent nous soutenir dans la vie pastorale. Mais, pour bien les accueillir, nous devons leur donner des clés de compréhension de notre culture et du fonctionnement de notre diocèse. Si nous sommes moins nombreux, le Seigneur continue d’appeler et des jeunes répondent généreusement : plusieurs jeunes entrent cette année au séminaire interdiocésain de Nantes. Il nous faut continuer à prier pour les vocations. La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux, mais ils sont là ! ».

Propos recueillis par Bruno Mollard